6 années, 2 mois et 29 jours

2282 jours. C’est la durée exacte qui séparera les dates des seconds tours des élections municipales 2014 (30 mars) et 2020 (28 juin) à Biarritz.

A quelques jours de ce dernier, c’est l’occasion pour moi de jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur et de faire un bref bilan personnel de ces 6 années de mandat municipal.

Le mot qui me semble le mieux résumer mon mandat municipal qui s’achève est « combat ».

Car finalement, que ce soit en tant qu’adjoint au maire (d’avril 2014 à mars 2018), puis en tant que conseiller municipal d’opposition (de mars 2018 à aujourd’hui),  au-delà des réalisations (le contrat « Biarritz Destination Golf », le WiFi municipal gratuit, la mise en oeuvre de l’application citoyenne PopVox, …) à mettre au crédit de mon travail d’adjoint au maire (et bien sûr et surtout au crédit des services municipaux concernés), j’ai consacré l’essentiel de mon temps et de mon énergie d’élu à me battre.

A me battre pour des projets en lesquels je croyais, à me battre contre des décisions que je considérais comme néfastes et dangereuses pour Biarritz et les Biarrots.

Voici un résumé de ces combats.

 

La retransmission en direct sur Internet des Conseils Municipaux

Si cette mesure figurait dans le programme de M. Veunac, force a été de constater qu’une fois élu maire, il y était nettement moins favorable que lorsqu’il était candidat.

Il a donc fallu qu’avec Nathalie Sauzeau et Edouard Chazouillères, nous pesions de tout notre poids pour que les Conseils Municipaux de Biarritz soient effectivement retransmis en direct sur Internet et visionnables en différé sur YouTube.

Notre action en ce sens a fini par porter ses fruits et permis à tous les Biarrots de pouvoir, sans se déplacer en mairie, visionner les débats de leurs élus, pour le plus grand bien de notre démocratie locale.

 

La hausse des impôts locaux

Au printemps 2016, MM. Veunac et Lafite avaient décidé, sans aucune concertation et sans même en informer au préalable les autres adjoints, d’augmenter les impôts locaux de Biarritz de 4%.

Je m’étais alors, avec quelques – rares – autres élus de la majorité, vigoureusement opposé à cette augmentation et avait proposé de plutôt mettre en place un plan d’économies sur le budget de fonctionnement de la Ville, afin d’éviter d’alourdir notre fiscalité locale.

Cela m’avait valu de me faire traiter de « connard » par l’aimable Monsieur Veunac, mais j’ai réussi, avec une poignée d’autres élus de la majorité, à limiter à 2,5% (au lieu des 4% initialement prévus) la hausse des impôts locaux à Biarritz.

 

Le scandale des terrains Bigueyrie

J’ai été le premier, dès le 28 novembre 2017, à demander par écrit à M. Veunac d’annuler la scandaleuse cession par la Ville de Biarritz des terrains Bigueyrie à l’improbable Jimmy Malige pour un montant incroyablement sous-estimé de 545 000 euros.

Cette cession a été annulée et ces terrains ont finalement été vendus en février 2020 à la société Becity Grand Ouest, pour un montant de 950 000 euros hors-taxe, soit près du double de la première offre.

 

Le plan de stationnement Streeteo

Dès le 8 mars 2018, j’ai demandé par écrit à M. Veunac la résiliation du contrat passé entre la Ville de Biarritz et la société Streeteo  concernant le plan de stationnement, tant celui-ci était (et est toujours malgré quelques améliorations à la marge opérées depuis) punitif, discriminatoire, illisible, et plombant pour l’économie biarrote.

Devant son refus (goutte d’eau qui a fait déborder le vase – déjà très plein – de nos désaccords), j’ai démissionné de mes fonctions d’adjoint lors du Conseil Municipal du 23 mars 2018 :

 

L’Hôtel du Palais

Le dossier de l’Hôtel est sans aucun doute le dossier le plus stratégique, le plus lourd financièrement, que la municipalité de Biarritz a eu à gérer pendant ce mandat. Et il l’a hélas été de la manière la plus catastrophique possible par MM. Veunac et Lafite.

J’ai été membre du Conseil d’Administration de la Socomix (la société d’exploitation de l’hôtel) d’avril 2014 à avril 2018 et je n’ai cessé, pendant ces 4 années, de m’opposer vigoureusement aux décisions prises par MM. Veunac et Lafite, tant elles me paraissaient – et me paraissent encore aujourd’hui – éminemment dangereuses et contraires à l’intérêt patrimonial des Biarrots.

Je me suis ainsi battu contre :
– la rupture des négociations exclusives avec le groupe Four Seasons, décision irrationnelle, stupide et basée sur des données sciemment erronées
– le dangereux projet de bail emphytéotique de 75 ans visant à apporter à la Socomix le foncier et les murs de l’Hôtel du Palais

et j’ai fini par saisir le Tribunal Administratif (à mes frais) en vue d’obtenir l’annulation de la délibération du Conseil Municipal de Biarritz du 30 juillet 2018, relative à la signature de ce bail emphytéotique (la procédure est actuellement en appel).

Le 12 septembre 2018, il y a presque 2 ans, j’écrivais ces lignes, qui ont aujourd’hui, en pleine crise économique et sociale post-COVID19, un accent tristement prémonitoire :

« … l’hôtellerie est une industrie cyclique, sensible à la conjoncture économique, au contexte géopolitique, à l’évolution des modes de consommation, à la météorologie, etc.
Toute modification d’un ou plusieurs de ces facteurs aura donc forcément un impact direct sur les résultats commerciaux et financiers de l’Hôtel du Palais. »

Si M. Veunac m’avait écouté, nous aurions signé un contrat de gestion avec Four Seasons, puis vendu les murs de l’Hôtel du Palais au meilleur prix (sans doute près de 250 millions d’euros) et Biarritz se trouverait aujourd’hui parfaitement armée financièrement pour faire face à la crise exceptionnellement grave à laquelle nous sommes confrontés.

 

L’aberrant G7 d’août 2019

Ce fut le gonfleur d’ego numéro 1 de M. Veunac : accueillir à Biarritz le G7 2019, au mois d’août, au mépris du quotidien et des activités économiques des Biarrots et des habitants de tout le Pays Basque.

Dès le mois de décembre 2018, je prévoyais ce qui se passerait, et, le 27 juin 2019, je pointais les aberrations écologique, économique, sécuritaire et pratique de l’organisation d’un tel sommet international en pleine saison touristique, et les faits m’ont hélas donné raison, au-delà de toute (dés)espérance : une ville totalement bunkérisée, la vie quotidienne de dizaines de milliers d’habitants du Pays Basque mise à mal, une saison gâchée pour de nombreux acteurs économiques locaux, le tout pour un coût exorbitant, des retombées économiques nulles et des résultats diplomatiques concrets insignifiants.

Si je n’ai malheureusement pas réussi à éviter la tenue de ce barnum aux relents monarchiques à Biarritz, je suis néanmoins heureux d’avoir contribué, à la marge, à en atténuer un tout petit peu l’impact négatif en créant la page Facebook « SOS G7 Biarritz » (qui a compté près de 21 000 abonnés et atteint plus de 3 millions de personnes) et le groupe d’entraide « Entraide G7 Biarritz ».

 

Notre cher (très cher) Biarritz Olympique

Mettons immédiatement les pendules à l’heure : contrairement à ce que racontent certains « ultras » manipulés, j’aime le BO et je ne suis pas « contre le rugby professionnel à Biarritz », malgré les allégations en ce sens de l’actuel président du BOPB.

Ceci étant posé, j’aime encore plus les relations public/privé saines et transparentes, le respect de l’argent des citoyens-contribuables et la bonne gestion des deniers publics.

C’est pourquoi, je me suis toujours farouchement opposé à la construction d’un centre de formation du rugby professionnel à 12 millions d’euros hors-taxe (hors frais de démolition et dépassements éventuels) et au versement de subventions outrancières (officielles ou déguisées) à une société anonyme privée, comme lors du Conseil Municipal du 12 février 2020 :

Dans ces dossiers relatifs aux relations de la Ville et du BOPB, je suis fier d’avoir résisté aux pressions, aux insultes, aux provocations, aux propos diffamatoires, pour défendre mes convictions et ce qui est à mon sens, j’en suis plus convaincu que jamais, l’intérêt général de tous les Biarrots.

 

 

6 ans plus tard, une page se tourne, je ne suis pas candidat aux élections municipales 2020 et je ne serai donc plus élu de Biarritz à partir de dimanche soir.

Pour autant, je suis serein car je peux me regarder dans la glace et me dire « tu as fait tout ce que tu as pu et surtout, tu n’as jamais baissé les bras ».

Aujourd’hui, je pense d’abord à tous les Biarrots qui m’ont soutenu, encouragé dans ces combats pendant 6 ans et je veux leur dire :

Merci, sincèrement, pour votre soutien et vos encouragements.
Sans vous rien ne m’aurait été possible.

Quoiqu’il advienne demain et au-delà, je suis et je resterai un amoureux de Biarritz, un observateur attentif de la vie politique municipale et un citoyen engagé au service de sa Ville et de son territoire.

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