Hôtel du Palais, Four Seasons, Accor, etc. : quelques nécessaires éclaircissements

L’article paru dans Sud Ouest ce matin sous le titre « Hôtel du Palais à Biarritz : ils refusent l’abandon du projet de Four Seasons » (dans la version en ligne), ou « Ils ont choisi la Rolls Royce » (dans la version papier), mérite, afin d’être parfaitement clair, un certain nombre de précisions et d’explications.

Les voici ci-dessous, ajoutées (en exergue sur fond gris) au texte original de l’article :

 


 

Cinq élus municipaux, administrateurs de la Socomix, défendent la qualité du projet porté par le groupe pour la remise à niveau du palace et le contrat de gestion qui en découle

« Make the Palais great again ! » paraphrase Édouard Chazouillères, adjoint au commerce de la ville (« Rendons au Palais sa grandeur. » Le slogan a réussi à Donald Trump, NDLR). Avec ses collègues élus, François Amigorena, Anne Pinatel, Virginie Lannevère et Guillaume Barucq, il défend la qualité du projet porté par Four Seasons pour la remise à niveau du palace et le contrat de gestion de trente ans qui en découle.

Le débat entre élus biarrots est plus vif que jamais sur la stratégie à adopter : s’offrir la Rolls Royce à 64 millions ou choisir la berline haut de gamme à 50 ?

Cette manière de présenter les choses, comme un simple choix entre un montant d’investissement de 50 ou de 64 millions, est réductrice et donc erronée.

Les 2 seules questions qui doivent être posées à ce stade sont :
1) quel est le meilleur projet pour assurer le développement de l’Hôtel du Palais et le rayonnement de Biarritz ?
2) ce meilleur projet est-il finançable sans faire prendre de risques à la Ville et aux contribuables de Biarritz ?

Virginie Lannevère, conseillère municipale qui effectue son deuxième mandat d’administratrice, s’appuie sur son expérience professionnelle dans le secteur bancaire où elle était chargée d’ingénierie financière dans l’hôtellerie de luxe. « Depuis neuf ans, je constate que l’entreprise n’arrive pas à assurer ses travaux de maintenance, même avec des records de chiffre d’affaires. Il n’y a pas eu de pertes grâce au sous-investissement depuis soixante ans. Je vois le Palais comme un actif capable de dégager du bénéfice. On peut trouver un accord gagnant-gagnant avec Four Seasons car nous avions des intérêts communs : faire du Palais un hôtel iconique, répondant aux nouveaux codes du luxe et proposant un produit compétitif. »

L’Hôtel du Palais est en état de sous-investissement chronique depuis au moins 20 ans et se trouve aujourd’hui de ce fait dans un état alarmant.
L’architecte qui a audité le bâtiment parle de « multiples pathologies » (béton, planchers, toiture, édicules, mascarons, corniches, etc.).
La rentabilité actuelle de l’hôtel ne permet en aucun cas de faire face au niveau d’investissement nécessaire.

Pour exemple, les seules reprises structurelles concernant les planchers, le clos couvert, les toitures et le désamiantage/déplombage s’élèvent à elles seules à plus de 9 millions d’euros !

Pour Édouard Chazouillères « l’essentiel, ce n’est pas l’écart de coût entre deux versions, c’est la possibilité de dégager une rentabilité la plus haute possible ».

Effectivement, une rentabilité financière élevée de l’exploitation de l’hôtel est la seule possibilité de financer « en mode projet » (c’est-à-dire sans garantie de la Ville et donc sans risque pour les Biarrot-e-s) les travaux de transformation nécessaires.

S’arcbouter sur les seuls montants d’investissement, comme le font certains, démontre, au mieux une incompréhension du dossier, au pire une intention de biaiser le débat autour de ce projet.

Copie revue et corrigée

François Amigorena, adjoint en conflit avec le maire, estime que Four Seasons a été écarté par Michel Veunac sur un faux procès : pour lui, les études financières du cabinet Price Waterhouse Coopers (PwC) étaient pipées. « Certains postes et taux sont sur ou sous-évalués. »

Virginie Lannevère et moi, avons effectué, le 19 juin dernier, devant l’ensemble des membres du Conseil d’Administration, une présentation dans laquelle nous pointions de manière factuelle et détaillée les incohérences des simulations financières réalisées par PwC et par conséquent le caractère contestable de leurs conclusions.
Force est de constater qu’à ce stade, nous n’avons pas été entendus …

Par ailleurs, mon « conflit avec le maire » est totalement hors-sujet, d’autant plus que, sur ce dossier, Monsieur Veunac n’intervient pas en tant que maire de Biarritz, mais en tant que président du Conseil d’Administration de la SO.CO.MIX, et moi pas en tant qu’adjoint au maire, mais en tant qu’administrateur.

De nouvelles hypothèses financières ont été soumises aux experts de PWC. « On a reçu vendredi ce nouveau rapport qui arrive à une conclusion très différente : le projet peut être rentable », affirme Virginie Lannevère.

La nouvelle simulation financière fournie par PwC confirme l’analyse faite par Virginie Lannevère et moi-même le 19 juin dernier en Conseil d’Administration et rend définitivement caduque l’argument selon lequel le montant d’investissement nécessaire pour amener l’Hôtel du Palais au niveau d’excellence qui doit être le sien, n’est pas finançable.

Bien au contraire, comme déjà mentionné plus haut, la forte rentabilité de l’exploitation dégagée par un opérateur hôtelier international et véritablement spécialisé sur le créneau du luxe, permet de financer les travaux de transformation nécessaires, sans risque pour la collectivité.

Du coup, François Amigorena et ses amis ne désespèrent pas d’obtenir ce qu’ils demandent : de nouvelles équipes de négociation, des tests de marché plus poussés, une optimisation maximale de la gestion …

Dans la présentation effectuée par Virginie Lannevère et moi le 19 juin, nous proposions également un plan d’action, dont les éléments principaux étaient :

– le renouvellement de l’équipe de négociation avec Four Seasons afin de s’incrire concrètement dans une nouvelle dynamique avec le groupe hôtelier
– la réalisation de véritables « tests de marché », c’est-à-dire de contacts préalables approfondis avec de potentiels prêteurs (organismes bancaires) et investisseurs, sans se limiter au seul marché français.

Là aussi, jusqu’à présent, nous n’avons pas été entendus, mais souhaitons que les choses évoluent …

Dans leur choix du projet Four Seasons, ces administrateurs issus du monde économique parlent d’expérience. D’autres comme Guillaume Barucq ou Anne Pinatel croient en leur intuition : « Si on a choisi le projet de Four Seasons en avril 2016, c’est parce que c’est tout simplement le plus beau. Il correspond à l’image de marque qu’il faut à la ville. »

Le projet de Four Seasons est non seulement le plus beau, mais également le plus cohérent, le plus abouti sur le plan de l’expérience-client et du confort de travail des employé-e-s de l’hôtel, ainsi que le plus performant dans sa capacité à dégager une rentabilité financière optimale.

Les dissidents craignent avant tout l’arrivée du groupe Accor. « Il est déjà très présent à Biarritz au Sofitel, au Régina et au Mercure Plaza. Une situation monopolistique, ce n’est pas bon », insiste Virginie Lannevère. Pour elle, Fairmount, la branche luxe d’Accor est une mauvaise option : « Accor a besoin de l’hôtel du Palais pour s’établir dans le luxe. Ce n’est pas à l’hôtel du Palais de l’aider pour ça. Le palace a besoin d’être tiré par un groupe déjà établi. »

Le groupe Accor avait, à juste titre, était écarté lors de la consultation initiale, car cette chaîne hôtelière n’est pas positionnée sur le créneau du « très haut de gamme » dont a besoin l’Hôtel du Palais.
Même les marques Fairmont et Raffles, rachetées par Accor en décembre 2015, ne sont en aucun cas au niveau d’excellence et de rentabilité indispensable pour l’Hôtel du Palais.

Délibération

Comme relaté dans nos éditions du lundi 12 juin et mercredi 21 juin, la fin de l’exclusivité avec le groupe Four Seasons, voulue par le maire de Biarritz, Michel Veunac, a été votée le 19 mai par huit voix pour (Michel Veunac, Jocelyne Castaignède, Michel Soroste, Frédéric Domège, Michel Zeisser, Pierre Sarrote, Philippe Castel, Compagnie financière du Louvre), deux abstentions (Guy Lafite, Marc Dhospital) et cinq contre (Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq, Édouard Chazouillères).

Il est fort regrettable que les 8 administrateurs ayant voté cette délibération n’aient pas accordé plus d’attention aux arguments développés par Virginie Lannevère et moi lors du Conseil d’Administration du 19 juin dernier.

Souhaitons que le fait que PwC ait depuis revu sa copie et finalement conclu que le projet Four Seasons était finançable sans risque pour la Ville de Biarritz les amène à demander avec nous une véritable reprise des négociations avec le groupe canadien !

Un sujet très politique

Max Brisson, opposant dans la municipalité biarrote et président de l’Agence de développement touristique départementale, vole ainsi au secours du maire : « Depuis quelques mois, les exigences du groupe canadien n’ont cessé de croître. » La liste de ces exigences : un investissement dépassant les 63 millions, 21 mois de travaux générant une perte d’exploitation de 8 millions, aucune certitude que la marque Four Seasons, ne soit accordée à l’issue des travaux. « Hors de portée » conclut Max Brisson pour qui « la municipalité doit afficher un plan B et au plus vite ».

Monsieur Brisson n’est pas administrateur de la SO.CO.MIX et n’a donc pas accès aux très nombreuses informations techniques et financières de ce dossier.
En conséquence, son opinion n’est pas suffisamment étayée pour être valide. 

Ce projet, stratégique pour l’hôtel du Palais et pour Biarritz, est d’abord économique et financier avant d’être politique, et mérite mieux que postures et incantations !

Le challenger de Michel Veunac remise toute envie de polémique : « Nous sommes élus pour défendre les seuls intérêts de la Ville et des Biarrots, pas pour faire prendre des risques inconsidérés aux finances publiques », ajoute-t-il en pointant l’urgence d’entreprendre les investissements ainsi qu’une réflexion sur le maintien d’une société d’économie mixte, la vente du fonds de commerce ou la location sous bail emphytéotique.

« Voilà qui doit guider la réflexion de tout le Conseil municipal et pas d’un seul petit groupe qui ne peut s’arroger le monopole des intérêts de tous et prendre en otage, pour de sombres rivalités politiciennes, l’avenir du fleuron de l’hôtellerie de Biarritz et du Pays basque. »

Personne, pas même Monsieur Brisson, ne peut s’arroger le monopole de l’intérêt général.

Notre prise de position sur ce dossier n’a aucun fondement politicien.
Nous souhaitons simplement mettre au service de Biarritz nos expériences professionnelles, principalement acquises dans le secteur privé, point !

C’est sans doute difficile à comprendre pour des politiciens locaux « professionnels », mais c’est ainsi.

Le sujet est révélateur de nouvelles alliances et d’une tendance à la recomposition dans la municipalité : l’avenir de l’hôtel du Palais se joue aussi à l’horizon des élections municipales de 2020.

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1 Comment
  • Reply
    gerard PITON
    27 juin 2017 at 8 h 53 min

    Merci Mesdames Messieurs Les élus…..vous devez vous battre pour cette idée du Palais…..a moins que Mr le Maire ne garde une carte dans sa manche, j’ai personnellement fait de la pub en Californie et a Hawaii depuis 25 ans pour cet Hôtel qui le mérite Bon courage

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